vendredi 3 octobre 2014

Le 3 octobre 1914, l’Université libre de Bruxelles ferme ses portes !


Alors que la séance de rentrée académique était prévue pour le 14 octobre 1914,  les événements survenus avec l’entrée en guerre  et  la mise en place d’une administration d’occupation  par l’armée allemande vont pousser le Conseil d’administration de l’ULB à ajourner la rentrée 1914 et suspendre les cours pour une durée indéterminée.


Le contexte :
Avec l’entrée des troupes allemandes sur le territoire belge le 4 août, c’est la Première Guerre mondiale qui commence, dans une vaste manœuvre de contournement de la France selon un plan minutieusement préparé par l’état-major allemand depuis 1905 : le plan von Schlieffen. Celui-ci comptait sur une guerre éclair et un effet de surprise maximal. 

La une du journal bruxellois Le Soir du 4 août 1914, annonçant l'invasion de la Belgique. Collection du Soir.

Le plan va se heurter à la réalité du terrain, à la résistance inattendue, des troupes belges au cours des batailles autour des forts de Liège, le long de la vallée de la Meuse puis ensuite lors du siège d’Anvers.
La marche des troupes allemandes ainsi retardée sera accompagnée de massacres de civils dans une volonté délibérée de l’état-major de soumettre la population, d’une part, et dans la crainte entretenue par la propagande auprès de la soldatesque autour du thème des « francs-tireurs embusqués» d’autre part. Visé, Aarschot, Termonde, Dinant, Andenne et Louvain payent un lourd tribut en victimes civiles fusillées en représailles.
L’épisode majeur de l’incendie des bâtiments de  la bibliothèque de Louvain par les soldats allemands dans la nuit du 25 au 26 août 1914, la mise à sac systématique de la ville qui s’en suivit, entraînant  la mort de 248 personnes civiles, dont de nombreuses exécutions sommaires,  provoque une vague d’indignation internationale dans la presse. Ces actes odieux prennent valeur de symbole.
Etat neutre dont l’intégrité du territoire a été violée par les troupes allemandes, la Belgique se retrouve parée de l’image du martyr héroïque : c’est l’heure de la « Poor Little Belgium » et les forces alliés françaises et anglaises se doivent de voler à son secours.


Coupure de presse- s.l.n.d. - collection Archives de l’ULB.

Par la suite, les positions vont se stabiliser, avant de s’enliser dès novembre 1914.  Les troupes allemandes administrent les territoires conquis d’une main de fer. Le Bourgmestre libéral de la Ville de Bruxelles Adolphe Max, par ailleurs membre du Conseil d’administration de l’Université, refuse publiquement par voie d’affichage de se soumettre aux ordres de l’occupant : il est arrêté et emprisonné le 26 septembre 1914 et le restera jusqu’à la fin du conflit. 


Adolphe Max 1869-1939
Des dispositions sévères sont prises concernant tous les aspects de la vie quotidienne et notamment l’organisation de l’enseignement, tous niveaux confondus, y compris l’emploi de langues. C’en est trop. Le conseil d’administration décide d’ajourner la reprise des cours pour une durée indéterminée. Vous pouvez lire ci-dessous l'ensemble des délibérations de ce conseil :
L’université restera fermée jusqu’en février 1919. Entretemps elle recevra des marques de sympathie de  l’Université de Louvain pour son attitude courageuse et solidaire.


Lettre de remerciement de l’Université de Louvain adressée au Recteur de l’ULB le 31 janvier 1916 - Collection Archives de l’ULB.


Le conflit va durer quatre longues années et faire près de 19 millions de morts : c’est aussi cela la réalité de la première guerre industrielle…
Rien ne sera plus jamais comme avant. Il faudra tout repenser et reconstruire. 

A suivre…

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