vendredi 31 octobre 2014

Novembre 1914 à Bruxelles

Malgré la suspension des cours, l’ULB continue à fonctionner.


Bruxelles mais aussi à Anvers et d’autres villes, la vie reprend doucement son cours. Des trains sont remis en circulation mais il est vivement conseillé aux voyageurs d’être porteur de papiers en règle même si « l’administration allemande n’exige pas officiellement de passe-port des personnes voyageant en chemin de fer» ; le ticket « Bruxelles-Anvers » - départ à 11h 53, arrivée à 7h30 - coûte 9 francs, soit environ 22 € actuels. 

L’indicateur des chemins de fer de novembre précise : «...la durée du trajet n’est pas garantie… Il est prudent de se munir au départ de vivres nécessaires pour la route ».
 

Indicateur officiel des chemins de fer. Novembre 1914
 Collection Archives & Bibliothèques de l’ULB

Les écoles rouvrent progressivement. Le jardin zoologique anversois dont tous les fauves ont été abattus par sécurité retrouve son public d’enfants ; à noter que l’accès y est gratuit pour les soldats allemands.

A l’ULB, bien que les cours soient suspendus, le Conseil d’administration se réunit. Un membre est toujours absent, le bourgmestre de Bruxelles, Adolphe Max, prisonnier en  Allemagne. 

Adolphe Max, en habit de bourgmestre. 
Collection Archives & Bibliothèques de l'ULB

Pendant cette réunion, le Recteur fait part  du décès d’étudiants tombés devant l’ennemi « mais en raison de l’incertitude de ces communications, le Conseil  décide qu’il y a lieu de surseoir à toute résolution sur ce qu’il sera fait pour honorer la mémoire de ceux qui sont morts pour notre cause ».  

A la fin de la guerre, l’ULB publiera un Liber Memorialis dédié à tous ceux qui auront participé à la Grande Guerre.

Dans le Hall des Marbres, aujourd’hui transformé en salle d’études pour les étudiants, on peut voir sur les murs la liste de ceux tombés au Front ainsi que l’inscription « Frères Faites Que Nous Ne Soyons Pas Morts En Vain Pour La Patrie Et Pour La Liberté ».

Le  Recteur informe aussi le Conseil qu’il a remis la motion de soutien - à l’époque «l’adresse » - de l’Université à Monseigneur Ladeuze, Recteur de l’Université de Louvain.

L’armée allemande a mis à sac la ville de Louvain et incendié la prestigieuse bibliothèque de l’Université catholique dès les premières semaines de l’invasion. L’ULB participera d’ailleurs à la reconstruction de cette Bibliothèque en effectuant un important don de livres dans le courant de 1916.

Ex libris. Collection Archives & Bibliothèques de l'ULB
On apprend aussi que les étudiants ont discrètement commémoré la date de fondation de l’Université en déposant un bouquet de fleurs au pied de la statue de Théodore Verhaegen.
L’administrateur de l’Université, Albert Behaegel, demande au Conseil d’approuver la décision qu’il a prise d’autoriser l’usage de locaux en faveur de sociétés caritatives. Une discussion s’ensuit.

A suivre...




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