mercredi 19 novembre 2014

1917, une Saint-Verhaegen à la Panne

Depuis le 20 novembre 1888, la Saint-Verhaegen commémore avec faste la fondation de l’Université libre de Bruxelles. Si l’on connaît assez mal les « St V. » de guerre, le souvenir de celle de 1917 perdure toutefois…  


C’est en 1888 que, pour la première fois, la « Saint-Verhaegen » prend une forme proche de celle que nous lui connaissons aujourd’hui. Avant cette date, la célébration de la fondation de l’Université est fêtée par un jour de congé, mais aucun faste particulier ne vient éclairer la journée des « lumières de la raison ». 1888 sonne donc les débuts de la « Saint- Vé » : rassemblement étudiant dans la cour de l’Université rue des Sols, hommage aux drapeaux et discours du président de la Société générale des étudiants sur le thème du libre examen. La cérémonie s’étoffe avec les années : l’opposition au gouvernement clérical qui est sans doute à l’origine de la première « St-Vé » se commue en opposition…aux autorités académiques lors des conflits universitaires des années 1890, pour (re)prendre des formes souvent politiques par la suite. Dès 1911, le cortège, devenue farandole guindailleuse, consacre un hommage appuyé et rituel au libre examen et à la liberté de penser : au dépôt de gerbes devant la statue de Théodore s’ajoute l’hommage à Francisco Ferrer, sis près de la Tour Noire.

Et la « Saint Verhaegen » traverse, intacte dans l’esprit sinon dans la forme, les circonstances dramatiques de la vie de l’Université. Au cours de la Seconde Guerre mondiale par exemple, elle prend parfois la forme de manifestations publiques presque codées, à l’instar de certaines tenues maçonniques. Et les thèmes antifascistes sont légion au cours de l’entre-deux-guerres. La politique internationale  et la question allemande sont d’ailleurs représentées dès l’avant-guerre.

En décembre 1913, La Guillotine, journal estudiantin satirique (dont les Archives & Bibliothèques ont conservé deux numéros que vous pouvez consulter ici), cite longuement le discours du Président Wilmet en page 2 qui évoque l’affaire de Saverne et les comportements scandaleux de l’armée prussienne à l’égard des populations alsaciennes.

Illustration de La Guillotine, s.l.nd., collections A&B de l'ULB, Archives.
La Guillotine, décembre 1913, dessin de couverture, Collections A&B de l'ULB, Archives.
Mais la « St Vé » de guerre la plus célèbre demeure celle du 24 novembre 1917, à La Panne.  Comme le reproduit le Bulletin de l’Union des Anciens étudiants de l’U.L.B. en 1950, L’Indépendance belge publie à Londres le 4 décembre une « lettre de front » qui raconte cette « Saint-Verhaegen ».

Bulletin de l’Union des Anciens étudiants de l’U.L.B., n° 19, 24 année, décembre 1950, p.25.


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